Scouts musulmans : Islam, B.A. et feux de camp

Par Vladimir de Gmeline

Publié le 20/02/2016 à 15:00

Nés au début des années 90, les Scouts musulmans de France suscitent un appétit grandissant de la part des parents, notamment dans les quartiers difficiles, mais ne peuvent faire face à la demande, faute de bénévoles. Dommage, car c’est la débrouille et la fraternité qui règnent au pays de Castor agile.

Ils sont une dizaine, garçons et filles, chemise verte et foulard autour du cou. Ça chahute pas mal dans l’attente du goûter, au premier étage d’un grand bâtiment élégant prêté par la municipalité. Nous sommes à Villemur, à 30 km de Toulouse. C’est ici qu’a été monté un des premiers groupes de Scouts musulmans de France (SMF) au tout début des années 90, en pleine guerre du Golfe. Comme dans tous les groupes d’adolescents, il y a les meneurs, la jolie fille qui porte un petit blouson de cuir noir et pianote sur son smartphone, le beau gosse que tout le monde chambre quand on évoque le dernier camp de printemps : «Tu veux pas dire ce qu’il s’est passé ?» plaisantent les chefs.

C’est Redouan Ouali, le responsable du groupe Midi-Pyrénées des SMF, qui se charge de raconter : «C’était en mai dernier, à Lherm, 250 jeunes du mouvement scout, de différentes obédiences, s’étaient retrouvés pour la semaine.» Il y avait là les Eclaireurs (11-14 ans) musulmans, les Scouts et guides de France (catholiques), les Eclaireurs et éclaireuses de France (laïcs), les Eclaireurs unionistes (protestants) et les Eclaireurs israélites. «Au début, dans nos rangs, il y avait des préventions : certains n’étaient pas très à l’aise à l’idée de se retrouver avec les juifs, poursuit Redouan. Notre but, c’est la paix et la fraternité entre tous les hommes et toutes les religions. Pour cela, il faut apprendre à se connaître, se rencontrer. La méfiance initiale est très vite retombée. C’est même exactement l’inverse qui s’est passé, ils se sont trouvé énormément de points communs. On a retrouvé certains de nos garçons dans les tentes des Eclaireuses israélites, dont Monsieur.» Rougissement du beau gosse…

«En fait, ce qui nous a surpris, c’est qu’ils ont le même esprit que nous, dit une Eclaireuse, il y a la même ambiance. Et puis on pouvait aller manger chez eux sans problème, et eux venaient chez nous !» Dans les deux religions, la consommation de porc fait partie des interdits alimentaires. Résultat, scouts juifs et musulmans vont passer leur camp fourrés les uns chez les autres. De ces camps en pleine nature, ces jeunes gardent des souvenirs enthousiastes, entre chants, pluie et apprentissage concret : «On sait comment construire une table en rondins, faire du feu, s’orienter dans la forêt, et les araignées, on en a toujours peur, mais on s’habitue !»

Nature et spiritualité

Même esprit lors du rassemblement «You’re Up», qui réunissait 15 000 pionniers (14-17 ans) au mois de juillet 2015 à Strasbourg. Le 17 au soir, une grande cérémonie célébrait simultanément la fin du ramadan et l’ouverture du shabbat. En un même lieu, des jeunes s’échangeaient des «Shabbat shalom» et des «Aid Mabrouck». Cette fraternité entre jeunes de toutes obédiences et de toutes religions peut faire rêver. Au mieux, elle est porteuse d’espoir, au pis, on peut la considérer comme une bulle d’amitié naïve. Pourtant, rien de moins naïf que les dirigeants du mouvement, habitués depuis des années à la formation par le scoutisme dans des quartiers difficiles, et confrontés aujourd’hui à une demande croissante de la part de parents qui, sans avoir nécessairement pratiqué, sentent que cette méthode éducative fondée sur l’autonomie, la vie dans la nature et en petits groupes, constitue sans doute une solution à de nombreux problèmes de la jeunesse. A l’origine du mouvement scout, un créateur de génie, lord Robert Baden-Powell, officier anglais qui, après une carrière militaire faite d’explorations au fond du bush, de chasses en compagnie de traqueurs zoulous et de la défense héroïque de la ville de Mafeking lors de la guerre contre les Boers, où il constitue des équipes de jeunes garçons comme éclaireurs et estafettes, décide de mettre son expérience guerrière au service de la paix. Il teste son système pour la première fois en 1907, sur l’île de Brownsea, avec des jeunes issus des quartiers défavorisés des faubourgs de Londres. C’est la naissance d’un mouvement qui essaimera dans le monde entier et compte aujourd’hui plus de 38 millions de membres.

«Ah bon, ça existe ?»

Lorsqu’on parle des scouts musulmans, la réaction est souvent la même. De grands yeux ronds, et un : «Ah bon, ça existe ?» De fait, ils ne sont que 3 100, un chiffre assez faible comparé à celui des Scouts et guides de France (68 600, catholiques et membres de la Fédération du scoutisme français, reconnue par le mouvement scout mondial, comme les SMF), des Scouts unitaires de France (26 000) ou des Scouts d’Europe (30 000). Paradoxe, l’islam est la religion la plus représentée au sein du mouvement scout mondial, dont le siège se trouve à Kuala Lumpur, en Malaisie. Historiquement, le scoutisme est très présent dans les pays musulmans. Le créateur des SMF, le cheikh Khaled Bentounès, est depuis 1975 le guide de la confrérie soufie Alawiya : «J’ai pratiqué le scoutisme très jeune, à Mostaganem, en Algérie. C’était quelque chose d’un peu sauvage, pas structuré comme aujourd’hui, mais qui rassemblait cependant des milliers de personnes. Ce sont les scouts algériens qui ont assuré la logistique du congrès mondial de 1948-1949.» Dans les années 80, il réfléchit à la possibilité de recréer le mouvement en France, qui mêlerait l’idéal scout à «la tradition spirituelle et chevaleresque d’un islam ouvert et tolérant, avec pour objectif le vivre-ensemble et le partage d’un destin commun. Notre but est de former des citoyens actifs et autonomes».

«On a réfléchi longtemps, expérimenté en organisant des camps, et en 1990 nous avons décidé de la création des SMF, continue le cheik. Les Scouts et guides de France nous ont énormément aidés. En pleine guerre du Golfe, nous voulions être à contre-courant.» Cependant, reconnaît Khaled Benthounès, «ça ne prenait pas dans les mosquées». Les imams sont pour la plupart réticents, et voient l’apparition des SMF comme une concurrence : «Pour eux, le scoutisme est utilisé pour servir le nationalisme, il y a une grande ignorance, ils ne savent même pas que le mouvement est marqué, au niveau mondial, par une importante tradition musulmane, que cela soit en Indonésie, en Afrique ou au Moyen-Orient. Ils sont suspicieux, et réagissent comme des gens qui défendent leur fonds de commerce. Le problème, c’est qu’aujourd’hui ils sont complètement dépassés, et que, pour beaucoup de jeunes croyants, le référent c’est Internet, ils ne passent même plus par l’imam.»

« Un engagement avec une dimension de service très forte »

Au siège de la Fédération du scoutisme français, on plaide pour le développement des SMF : «Le scoutisme, c’est un engagement avec une dimension de service très forte, explique François Mandil, le responsable de la communication, et il permet, sans obligation de pratique religieuse pour autant, d’aider des jeunes à grandir spirituellement. Nous avons aidé à leur création parce qu’ils avaient la même pédagogie que nous, avec les mêmes tranches d’âge. Un des obstacles à leur expansion est le fait qu’ils soient d’obédience soufie, cela crée de la méfiance chez certains. C’est le problème de l’organisation de l’islam en France. Pour que cela fonctionne plus aisément, il faudrait que les groupes soient en quelque sorte « validés » par l’imam local, et cela n’arrive pas vraiment. Pourtant, cela serait un vrai plus pour nous, qui commençons à nous installer dans des quartiers difficiles, dans des cités. Beaucoup de gens voient encore le scoutisme comme un truc de bourgeois de centre-ville. Pour s’implanter, il faut des groupes locaux, avec des chefs locaux.»

Villemur, c’est la grande banlieue tranquille et résidentielle de Toulouse. La nature, outil de base de la formation, n’est pas loin, et des «farfadets» aux «compagnons», toutes les tranches d’âge sont représentées. Pour Latifa, la mère de Mehdi, 10 ans, et Sarah, 7 ans, cette alliance d’une activité qui éveille et responsabilise, tout en permettant une éducation religieuse apaisée, avec des aumôniers formés, est idéale : «Je ne connaissais pas, j’ai simplement trouvé en surfant sur Internet, avec des mots clés « musulman », « jeune », « activité », et j’ai découvert les SMF. Ils sont dehors, ils bougent, c’est un rythme différent de l’école, et au moins ils ne sont pas à la maison coincés devant l’ordinateur et les jeux vidéo.»

Là où une partie du mouvement scout, depuis la grande scission des années 60 entre «progressistes» et tenants d’un scoutisme plus traditionnel, s’était éloignée des fondamentaux de la vie au grand air, transformant la pratique en un scoutisme soft plus proche de la colonie de vacances, les SMF s’attachent à toutes les techniques popularisées par Baden-Powell, et qui forment le tronc commun des scouts du monde entier : «Nous essayons de faire régulièrement des week-ends « froissartage ».» Le froissartage, c’est ce qui permet de construire une table de cuisine en rondins, une tente surélevée, ou un mât pour dresser les couleurs le matin. On y apprend à faire toutes sortes de nœuds (le matelotage), à faire un brelage pour maintenir deux morceaux de bois ensemble, à fixer un tenon et une mortaise. Ça change de «Call Of Duty» et de «GTA V»…

A partir de 15 ans, les «pionniers» se tournent vers des projets d’entraide locale, qu’ils mettent eux-mêmes en place, et la tranche d’âge suivante, les «compagnons» (17-20 ans), par petits groupes très autonomes de quatre ou cinq, construisent une entreprise humanitaire dans un pays plus éloigné. «Ils partent au Tibet, en Amérique du Sud, vont aider à la construction d’un orphelinat au Maroc ou d’une école dans un pays d’Afrique», explique François Mandil, pour un jeune, c’est une école formidable.

« La demande des parents est de plus en plus forte »

Un des principaux obstacles au développement du mouvement reste le manque de bénévoles pour assurer l’encadrement : «La demande de la part des parents est de plus en plus forte», note Redouan. A la Reynerie, un des quartiers les plus chauds de Toulouse, les SMF tiennent un stand dans le cadre du Forum des associations. Il y a eu un groupe, il n’y en a plus, et ce sont les chefs de l’unité voisine, à Empalot, une autre cité difficile, qui viennent pour prêter main-forte et tenter de convaincre de nouveaux parents de s’investir. Isabelle a découvert les SMF en 2011, lorsque ces derniers avaient organisé une tournée citoyenne à travers la France pour inciter les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales : «La flamme de l’espoir». «J’ai trouvé que c’était un projet magnifique, dit-elle, et pour mon fils Abdelatif, qui a huit ans, c’est une école formidable. Une école de loyauté et de service, qui l’aide à voir la beauté de son héritage spirituel. Chez les scouts, ils apprennent à faire plein de choses, les repas, la vaisselle. C’est l’esprit de la promesse, et chez nous elle est affichée sur le frigo !» «Pour moi qui ai grandi à Tremblay, en banlieue parisienne, le scoutisme c’était complètement ringard, continue-t-elle, avec le recul, non seulement je vois que c’est moderne, et aussi que cela m’aurait évité de faire pas mal d’erreurs.» Elle précise au passage que le mouvement a toujours été vigilant quant aux tentatives de récupération extérieures : «Au départ, l’Arabie saoudite a essayé de s’approcher des SMF en proposant des financements. Evidemment, ça aurait réglé quelques problèmes de trésorerie, mais il n’en a jamais été question

Ibrahim, 30 ans et technicien en climatisation, est un pur produit des SMF. Lui est convaincu que le scoutisme est un outil de prévention idéal : «J’ai vu tellement de gens changer, des types dont on se disait « lui, il va finir en prison ». Il y en a, on les a vraiment empêchés de faire des conneries. Ça a amélioré des vies, c’est évident. Moi, Baden-Powell, je le mettrais sur le même piédestal que Jésus ou Gandhi, des gens qui ont tout donné pour les autres.» Des années qui lui ont donné ses plus belles expériences, comme le rassemblement «Overway», 5 000 scouts au Portugal («Tu vois que des belles choses»), le ski, l’équitation, les feux de camp et l’envie de transmettre : «Quoi que l’on fasse, à un moment, c’est la nature qui fera le boulot, elle nous aide énormément. Le scoutisme, à la différence d’autres mouvements d’éducation populaire, ce n’est pas du consumérisme, c’est de l’éducation par l’action, le projet doit venir du jeune. C’est ce que disait Baden Powell : «Ask the boy !»»

« Les jeunes, vous allez les retenir parce que vous les sortez du quartier »

Cette pédagogie, c’est ce que découvrent des parents réunis le temps d’un week-end au siège des SMF, à Drancy. L’aumônier national, Driss Rennane, et un formateur présent dans le mouvement depuis ses débuts, Foad Khatir, expliquent comment monter un groupe et le fidéliser, comment concrétiser un projet : «Les jeunes, vous allez les retenir parce que vous les sortez du quartier.» Ici, le Livre de la jungle, de Rudyard Kipling, qui sert de tronc commun à une bonne partie du mouvement scout, a été remplacé par la Conférence des oiseaux, de Farid Al-Din Attar, un poète soufi du XIIe siècle. Mais, pour le reste, les bases sont les mêmes et, dès le premier jour, ces parents, qui pour la plupart n’ont jamais vu un foulard de leur vie, apprennent les nœuds à l’extérieur du local. Les formateurs leur expliquent l’importance de la promesse, «moment fort qui marque un jeune à vie» et les trois principes qui guideront un garçon et une fille dans leur pratique quotidienne : «On va vers l’autre, c’est l’aspect social. Vers soi, c’est l’aspect personnel. Et vers Dieu, pour développer sa spiritualité.» Et l’importance du jeu et du goût de l’aventure : «Vous voyez la Guerre des boutons ? demande Foad, eh bien, les Eclaireurs, c’est exactement ça. Après, on les responsabilise, ils deviennent utiles à la collectivité, jusqu’à ce que les compagnons partent aider à l’étranger. L’année dernière, un groupe est parti au Rwanda. C’est pas le Club Med ou Nouvelles frontières !»

Formidable vecteur d’espoir 

Chez beaucoup de ces parents, et aussi de ces jeunes filles venues de loin en train pour participer à cette formation, une angoisse récurrente : «C’est terrible ce qu’on vit avec nos enfants. Ils regardent n’importe quoi sur Internet, et croient tout savoir sur la religion.» «On leur demande ce que c’est que l’islam, ils nous répondent : « C’est un pays, c’est à La Mecque » ! Et pour certains, une femme musulmane, c’est une femme qui fait le ménage.» Foad : «On connaît les dangers de la radicalisation aujourd’hui, nous sommes à une période charnière. Nous sommes un mouvement qui se pose en alternative face à ce phénomène, nous sommes en première ligne. On les connaît tous, ces gamins qui se battent, fument des pétards, et qui après arrivent à table en demandant si le poulet est halal !» Driss, l’aumônier, parle du gros travail qu’il y a à faire, même auprès de certains jeunes animateurs : «On leur explique que dans l’Ouma, la communauté de Médine, il y avait des juifs, des chrétiens, des païens. Ils ont du mal à l’admettre, mais nous avons la connaissance des textes, et cela fait partie aussi bien de leur éducation spirituelle que de leur éducation à la citoyenneté.» Récemment, des groupes soutenus par l’UOIF ont essayé de faire de la concurrence aux SMF : «Mais ils ont vite dérivé sur la politique, ils se sont égarés et ça n’a pas marché.»

« On les connaît tous, ces gamins qui se battent, fument des pétards, et qui après arrivent à table en demandant si le poulet est halal ! »

Ces week-ends sont aussi un moyen de comprendre les motivations des futurs chefs de groupe, reconnaît le président des SMF, Abdelhak Sahli : «Il y a des gens qui viennent nous voir, et ce n’est pas toujours pour de bonnes raisons. C’est à nous de les repérer.» Comme cette femme, dans le groupe, venue chez les SMF car elle regrette que l’éducation religieuse soit mal faite dans les écoles publiques : «Je reviens de Turquie, dit-elle, c’est vraiment bien là-bas, ça manque en France.» C’est quand la conversation arrive sur le rôle des imams que les langues se délient le plus : «La manière dont ils parlent des femmes, c’est grave» ; «Ils sont parfois limités, ils mélangent ce qui est de l’ordre de la tradition, de la coutume, avec l’essence même de la religion

Pour Idriss Aberkane, 30 ans, chercheur à l’université de Stanford et à Polytechnique, professeur à Centrale, précurseur dans le domaine des recherches sur l’économie de la connaissance, le scoutisme est un des plus formidables moyens d’éveil au monde, et un vecteur d’espoir. Il en sait quelque chose, puisque sa formation s’est faite en très grande partie chez les SMF, dont son père a été un des premiers dirigeants : «Baden-Powell est un de mes maîtres, et c’est lui qui m’a donné envie de faire ce que je fais aujourd’hui. C’est lui qui le premier a compris que l’on pouvait voir la nature différemment, faire le pont entre la civilisation industrielle, qui se contente de l’exploiter, et celle des natives, les guides avec lesquels il était sur le terrain. C’est la base du scoutisme, ce dialogue entre les deux civilisations, un point d’ancrage entre deux mondes. Les scouts musulmans, c’est un double pont, puisqu’il y a aussi ce dialogue entre deux cultures. J’y ai appris le self-control dès mon plus jeune âge, et j’y ai construit des souvenirs merveilleux, comme lors de mon dernier camp, en Provence.» Il voit dans la pratique du scoutisme un des meilleurs moyens de prévention contre toutes sortes de dérives : «Il n’y a pas plus dangereux qu’une communauté désespérée. C’est la raison pour laquelle la couleur des SMF est le vert, qui est aussi bien celle de l’islam que de l’espoir.»

« Il n’y a pas plus dangereux qu’une communauté désespérée »

Un message que veut faire partager Farid Ait Ouarab, un des cadres dirigeants des SMF, à la suite des attentats du 13 novembre : «Cela fait vingt-cinq ans que nous faisons de la prévention, et il faut que nous continuions à faire un travail qui contre l’idéologie mortifère et satanique de ces terroristes. Chez nous, on donne la parole aux gens tout en leur donnant un cadre, ils apprennent à se valoriser et à mener des projets jusqu’au bout, ils se reconnaissent à travers tous les autres scouts, de toutes origines et de toutes croyances. Le président de la République a demandé aux Français de mettre le drapeau tricolore à leur fenêtre : tous les matins, en camp, les SMF hissent les couleurs, depuis toujours. Nos jeunes se savent partie intégrante de la nation.»

par Vladimir de Gmeline

Grand reporter